Réélu pour cinq ans, le président zambien Hakainde Hichilema a prêté serment ce mardi à Lusaka. Mais son investiture intervient dans un climat politique tendu, l’opposition continuant de contester le scrutin.
C’est parti pour cinq années supplémentaires. Hakainde Hichilema a officiellement entamé son deuxième mandat à la tête de la Zambie, lors d’une cérémonie d’investiture organisée ce mardi 1er septembre à Lusaka.
Le président sortant a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 13 août avec environ 60 % des suffrages, devant son principal adversaire Brian Mundubile.
Une victoire nette sur le papier. Mais politiquement, le dossier est loin d’être clos.
L’OPPOSITION REFUSE DE TOURNER LA PAGE
Depuis l’annonce des résultats, l’opposition dénonce des irrégularités et conteste les conditions dans lesquelles le scrutin s’est déroulé.
Brian Mundubile, qui avait annoncé son intention de saisir la justice, fait désormais face à une procédure liée à des accusations de trahison. Son arrestation et celle de son colistier ont encore accentué les tensions.
Pour les adversaires d’Hichilema, cette situation soulève une question essentielle : la Zambie est-elle toujours le modèle démocratique qu’elle a longtemps représenté en Afrique australe ?
L’opposition a d’ailleurs appelé l’Union africaine à intervenir dans cette crise post-électorale.
UNE INVESTITURE SOUS HAUTE SURVEILLANCE
L’enjeu dépasse désormais la seule bataille entre Hichilema et ses adversaires.
La Zambie est souvent présentée comme l’un des pays africains ayant réussi à maintenir une certaine stabilité politique et une alternance démocratique.
Ironie de l’histoire : Hichilema lui-même était arrivé au pouvoir en 2021 après plusieurs années passées dans l’opposition.
Il avait alors promis de renforcer l’État de droit, les institutions et la démocratie.
Cinq ans plus tard, son nouveau mandat sera donc particulièrement observé.
L’ÉCONOMIE AU CŒUR DU SECOND MANDAT
Sur le terrain économique, le président devra également relever d’importants défis.
La Zambie possède notamment d’immenses ressources en cuivre, un métal devenu stratégique avec l’essor des véhicules électriques et de la transition énergétique.
Attirer les investissements, développer le secteur minier, améliorer les conditions économiques de la population et maintenir la confiance des partenaires internationaux figurent parmi les grandes priorités du nouveau mandat.
Mais pour y parvenir, Hichilema aura besoin d’un environnement politique stable.
AFRI-mag DÉCRYPTE
Le véritable défi du président zambien ne sera peut-être pas simplement de gouverner pendant cinq années supplémentaires.
Il devra surtout transformer sa victoire électorale en légitimité politique durable.
Car dans une démocratie, gagner une élection ne constitue que le début. La manière dont le pouvoir traite ses adversaires, protège les institutions et garantit le droit à la contestation participe également à la solidité du régime.
Hichilema a gagné les élections. Reste maintenant à gagner la confiance de tous les Zambiens.
Pour la Rédaction d’ AFRI-mag



