Après plusieurs semaines d’accalmie, Washington et Téhéran renouent avec les frappes directes. Et cette fois, c’est le pétrole mondial qui se retrouve au centre des inquiétudes.
La tension remonte brutalement entre les États-Unis et l’Iran.
Mardi 1er septembre, les forces américaines ont lancé de nouvelles frappes contre des cibles iraniennes, notamment sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz. Cette opération intervient après de nouveaux affrontements entre les deux pays et des incidents visant des navires commerciaux dans cette zone stratégique.
Washington affirme vouloir empêcher les forces iraniennes de menacer la navigation commerciale dans le détroit.
Mais pour Téhéran, ces opérations constituent une nouvelle escalade.
L’Iran a répondu par des tirs de missiles en direction de positions américaines en Jordanie, selon les informations disponibles, alors que le président Donald Trump a laissé entendre que de nouvelles frappes pourraient suivre.
ORMUZ : POURQUOI TOUT LE MONDE REGARDE CE PETIT DÉTROIT ?
Parce qu’il est l’un des principaux passages énergétiques de la planète.
Le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à la mer d’Arabie. Une partie considérable du pétrole et du gaz exportés depuis le Moyen-Orient y transite.
Et lorsque la circulation des navires ralentit, les marchés réagissent immédiatement.
Lundi, seuls cinq navires de marchandises ont traversé le détroit, très loin de la moyenne récente d’environ 14 passages quotidiens. Aucun pétrolier transportant des liquides n’a été recensé dans ces données préliminaires.
Deux pétroliers transportant du brut saoudien ont également été touchés par des projectiles alors qu’ils traversaient la zone. Aucun décès n’a été signalé.
AFRI-DÉCRYPTAGE : L’AFRIQUE N’EST PAS À L’ÉCART
Une guerre au Moyen-Orient peut sembler lointaine depuis Kinshasa, Dakar, Abidjan ou Nairobi.
Pourtant, ses conséquences peuvent rapidement arriver jusqu’aux consommateurs africains.
Une hausse prolongée du pétrole peut entraîner :
une augmentation du prix du carburant ; une hausse du coût du transport ; une pression supplémentaire sur le prix des produits alimentaires ;une augmentation des coûts de production ;
Pour les pays africains importateurs de pétrole, la facture énergétique peut donc rapidement devenir plus lourde.
Pour les pays producteurs, la situation peut être différente : une hausse du prix du brut peut améliorer les recettes d’exportation, mais elle ne protège pas nécessairement les populations contre l’inflation.
POURQUOI CELA COMPTE ?
Parce que le conflit Iran–États-Unis n’est plus seulement une affaire militaire entre Washington et Téhéran.
Il est désormais aussi question de pétrole, de transport maritime, d’inflation et de sécurité économique mondiale.
Et si la circulation dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbée, les conséquences pourraient dépasser largement les frontières du Moyen-Orient.
LA QUESTION AFRI-mag
Combien de temps l’économie mondiale peut-elle supporter une nouvelle perturbation durable du pétrole ?
Pour l’instant, les marchés observent Ormuz.
Et l’Afrique aussi devrait regarder attentivement ce qui s’y passe.
Pour la Rédaction d’Afri-mag




